27 septembre 2021

LES ORIGINES DU REIKI ET LE REIKI DES ORIGINES… (1)

ALR - le célèbre et très ancien temple d'ISe
Le célèbre et très ancien temple d'ISe

Ce Site a pour vocation d’informer sur le Reiki, ses pratiques et enseignements, mais «pour savoir on l’on va il faut savoir d’où l’on vient» et cela n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd’hui, tant ces pratiques se sont multipliées, ont évolué, beaucoup de personnes ont perdu le fil de l’histoire… voire le fil d’Ariane.

Voici un premier éclairage, beaucoup feront suite, sur les origines du Reiki, d’avant Mikao Usui, pendant Mikao Usui et après lui.

LES ORIGINES DU REIKI ET LE REIKI DES ORIGINES…

Il serait un peu fou d’étudier des sujets avancés avant d’être familiarisés avec le point de départ, et la nature de l’Ego.

Un de nos dictons au Tibet dit 

«Qu’il est vain de prendre la langue avant que la tête soit cuite à point».

Toute pratique spirituelle exige cette compréhension fondamentale du point de départ, c’est-à-dire le matériau avec lequel nous travaillons.
Si nous ne connaissons pas le matériau avec lequel nous travaillons, notre étude ne sert à rien: les spéculations sur le but à atteindre deviennent une pure fantaisie.

Ces spéculations peuvent prendre la forme d’idées avancées et de descriptions d’expériences spirituelles, mais elles ne font qu’exploiter les aspects les plus faibles de la nature humaine: notre désir de voir et d’entendre quelque chose de coloré, d’extraordinaire, des effets spéciaux, «l’illumination» ou d’expériences dramatiques.

Nous édifierons tout un système d’attente et d’idées préconçues, de telle sorte que plus tard, lorsque nous travaillerons véritablement sur le Sentier, nos esprits seront bien plus occupés par ce qui pourrait être que par ce qui est.

C’est ne pas leur rendre service, et c’est avoir un rôle destructeur, que de jouer sur les faiblesses des gens, leurs attentes et leurs rêves, au lieu de leur présenter de façon réaliste le point de départ de ce qu’ils sont.”

Chogyam Trungpa Pratique de la voie Tibétaine ; « Au-delà du matérialisme spirituel. ».

 

Il est essentiel dans un premier temps de recontextualiser le Reiki, c’est-à-dire de le remettre dans son écrin originel: l’Ère Meiji. Un monde en pleine restructuration, en crise «d’occidentalisation» (comme nous serons plus tard en crise de japonisation!). Et puis surtout un monde peuplé de guérisseurs, contemporains de Mikao Usui, ayant pour beaucoup publié des ouvrages.

Nous assistons à la naissance du Karaté, du Shiatsu et bien d’autres découvertes fabuleuses, tous partageant leurs connaissances et leurs découvertes pour le bien- être de tous, ce qui pour ne pas être catholique est pour le moins peu asiatique.

Mikao Usui est celui par qui nous connaissons cette Voie de développement spirituel, de conscience, qui par magie occidentale est devenu une École avec des formateurs et de multiples syncrétismes et «aménagements».  

Si nous ne pouvons venir au Reiki, on le transforme pour le rendre accessible à l’Occident, et pourquoi pas. Le seul grain de sable dans les rouages reikiens est que tous les créateurs d’École et beaucoup d’enseignants et de praticiens prétendent pratiquer «of course», et enseigner «LE» Reiki des origines, d’ailleurs quand vous posez la question de savoir quel Reiki la personne pratique on vous répond d’un ton péremptoire: «Reiki Usui». Nous sommes donc tous Usui, mais il y a qui sont plus Usui que d’autres… Inch’Hallah. Cela aiguise notre tolérance et notre discernement!

Un peu d’histoire….

En dehors de la légende Kurama, très brièvement, qu’en était-il dans ce mystérieux Japon d’avant-guerre où naquit le Reiki ?

Jusqu’au milieu du 19e siècle, le Japon était un pays totalement fermé au monde occidental à l’exception du comptoir commercial hollandais de Nagasaki.

Poussé par l’insistance étrangère répétée d’ouvrir ses ports au commerce international, le shogunat japonais essaya tout d’abord de l’ignorer, mais il n’eut pas d’autre choix que de céder après que les Américains en la personne du Commodore Perry, menacèrent d’utiliser leurs canons si le Japon se refusait à coopérer.

Les Japonais se résignèrent alors à laisser les «barbares aux longs nez», à commercer dans un certain nombre de ports japonais, mais sous la contrainte de traités inégaux. Cela incluait non seulement les Américains, mais aussi les Anglais, les Français, les Hollandais et les Russes. Les Occidentaux forcèrent ainsi le shogunat Tokugawa à ouvrir ses ports au commerce, imposant et prouvant ainsi l’immense supériorité de la puissance militaire occidentale sur le Japon de cette époque.

Les derniers Samouraïs et la rébellion Satsuma: Ces décisions provoquèrent un mécontentement général dans la population, et un certain nombre de Samouraïs décidèrent de renverser le gouvernement; ayant pour principal objectif de faire partir les étrangers du Japon, mais au cours de cette rébellion ils s’aperçurent qu’ils n’avaient pas d’autres choix que de négocier avec ceux-là mêmes qu’ils voulaient évincer.

«L’effet» de l’action des Samouraïs rebelles eu par conséquence directe de restaurer la fierté et la puissance du Japon, en l’obligeant à moderniser le pays à tout prix.

Les Samouraïs de la Province de Tosa s’allièrent avec ceux de Satsuma et les survivants de la dernière rébellion de Choshu.

La France soutint le Shogunat, mais l’Angleterre elle, soutint les opposants au régime en place, fournissant des armes aux Samouraïs, qui purent ainsi armer les paysans, et en très peu de temps ceux-ci prirent le contrôle du pays mettant fin au Shogunat (haute noblesse et grands propriétaires terriens)

Les nouveaux décisionnaires furent convaincus que le Japon devait se moderniser en adoptant les nouvelles technologies et les savoirs occidentaux

Le Shogun abdiqua en 1867 en faveur de l’Empereur Mutsuhito alors âgé de 15 ans, connu sous le nom posthume de Meiji («Gouverneur éclairé»). La capitale sera déplacée de Kyoto à Edo et par la suite elle sera rebaptisée Tokyo («capitale de l’Est»).

C’est dans cette atmosphère de bouleversement sociopolitique que Mikao Usui vécut, il est plus jeune de quinze ans que l’Empereur Mutsuhito, et naquit avec l’ère Meiji.

ÈRE MEIJI

Elle est le socle du Japon actuel et la toile de fond de «l’Ère Reiki».

Fils de l’Empereur Koméï Tenno et d’une concubine: Nakayama Yoshiko, Mutsuhito  reçoit le titre de Prince Sashi mais ne sera considéré comme héritier qu’a son adoption par l’Impératrice Dowager Eisho ‘Première Épouse’ de l’Empereur Koméï 

Il monte sur le trône à l’âge de quinze ans à un moment charnière: juste après la révolte des clans des Samouraïs Sarsuma et Chozhu et au moment de la chute du Shogunat Togukawa.

Son rôle sera pourtant limité, déléguant la majorité de son pouvoir à un groupe d’Oligarques connus sous le nom de Genro.

C’est donc pendant son règne que le Japon va s’ouvrir à l’Occident sortant «en force» de l’Ère médiévale, au prix de nombreuses réformes spectaculaires et radicales et d’immenses sacrifices.

La restauration Meiji voit la modernisation et l’occidentalisation rapide du Japon, avec l’aide de nombreux universitaires japonais et des politiciens (comme: Ito Hirobumi ou Saionji Kinmochi) envoyés afin d’étudier le système occidental et les technologies, en Europe et en Amérique du Nord, les occidentaux furent  invités au Japon afin de superviser et aider à développer de nouvelles industries, par exemple, le brassage de la bière, la fabrication de produits laitiers et le premier chemin de fer du Japon. En ce sens, la restauration de Meiji fut non seulement un changement de politique, mais une véritable révolution culturelle et sociale.

En 1869 on voit disparaître les derniers Samouraïs, le système des castes étanches est abolit il est remplacé par un système de hiérarchies.

Au sommet (Kazoku) La noblesse, les  aristocrates et les seigneurs, 

Les guerriers d’échelon supérieur (Shizoku)

Les guerriers de rang inférieur (Satsu), la  3e classe noble sera  supprimée en 1872, les autres guerriers rejoignent les roturiers, c’est-à-dire le reste de la population (Heimin).

Ce sont des hiérarchies «non étanches», contrairement aux castes, les mariages seront donc possibles entre ces différents rangs. Ce système de 3 classes perdurera jusqu’en 1945.

C’est la disparition des guerriers! Les Samouraïs vont se trouver sans emplois (beaucoup  feront alliance avec des marchands ce sera le socle du Japon actuel) une rente leur sera versée par l’État, mais pas pour très longtemps.

Une armée centralisée de type occidental sera mise en place, en prévision de ces mêmes attaques occidentales.

Le Bushido, éthique militaire confucéenne deviendra la base morale de cet État nationaliste.

Dès 1873 le service militaire devient obligatoire pour les hommes de 21 ans pour une période de trois ans, le costume traditionnel sera remplacé par l’uniforme occidental.

Du côté de l’éducation aussi de grandes réformes, une École Universelle sera créée, avant sa création en 1868 l’éducation de base était donnée dans des instituts religieux privés.

Trois Écoles vont s’affronter

  • Celle issue du confucianisme qui prône l’étude des principes éthiques
  • les partisans nationalistes qui prônent patriotisme, obéissance et sacrifice pour l’Empereur
  • les intellectuels dont beaucoup ont voyagé, impressionnés par le libéralisme de l’Occident.

L’École sera mixte et obligatoire jusqu’à douze ans, et un enseignement supérieur verra le jour.

Jusqu’en 1880 ce sera une période de libéralisme tournée vers l’Occident, on enseignera l’anglais et des notions comme l’Égalité remettant en cause l’ancien régime, mais à partir de 1880 on se tourne vers le confucianisme et le nationalisme. 

Cette période sera marquée par le décret impérial de 1890, le «Kyoiku Choguko» affiché dans toutes les salles de classe joint au portrait de l’Empereur, mettant en avant les notions d’obéissance et de sacrifice en faveur de sa personne.

Un grand vecteur du nationalisme impérial sera le Shinto, Il sera institué religion d’État et deviendra le Kokka Shinto.

En 1871 on décide alors de le séparer du bouddhisme qui va tomber en désuétude.

Les prêtres du Shinto devenue religion officielle, seront nommés et rétribués par le gouvernement, chaque citoyen devra s’enregistrer dans le sanctuaire de sa ville de naissance. Ce sera l’extinction du Shinto populaire!

C’est aussi à cette époque que le gouvernement de l’Empereur introduit le droit occidental, c’est en 1880 avec l’aide du juriste français Gustave Emile Boissonade, que sera promulgué un premier code pénal, ce sera le droit allemand basé sur la personne de l’Empereur, le droit français étant jugé trop libéral et individualiste; on y ajoutera le code de la «Famille Patriarcale» qui annulera les effets d’une certaine équité en ce qui concerne les femmes et l’héritage, le paradoxe du principe de ces lois veut qu’en théorie elles défendent l’individu, alors qu’en adjoignant à ce même code des valeurs hiérarchiques patriarcales on en annule ces mêmes valeurs! Ce code est encore en vigueur aujourd’hui. 

Même au sein des Oligarques la discorde règne, un mouvement pour la Liberté et les Droits du Peuple voit le jour mené par Itagaki Teisuke. Impressionnés par les Occidentaux et les théories de Rousseau, ils réclament le droit de vote pour l’élite marchande et politique, refuge des Samouraïs. Va naître alors la «Gokka Kisei», qui devient le premier partit politique du Japon en 1881.

Le gouvernement en place n’en resta pas là, en 1875 un décret du Contrôle de la Presse, est promulgué, ainsi qu’un décret qui limitera le «droit d’assemblée». En 1900 une loi contre la liberté d’association, de réunion, et d’expression est aussi promulguée, elle contrôlera les mouvements de pensée jusqu’en 1945.

En 1912 prend fin l’Ere Meiji, le Japon est exsangue, l’occidentalisation continue à s’étendre. Son fils lui succède: l’Empereur Taisho, l’Ere Taisho sera en place de 1912 à 1926, période libérale appelée «démocratie Taishō», ensuite ce sera l’Ere Showa avec l’Empereur Hirohito de 1926 à 1989.

C’est au milieu de ces bouleversements et dans ce creuset que le Reiki de Mikao Usui va naître.

 Écrits de Mikao Usui:

«C’est vers cette époque, à l’âge de seize ans (1881), que j’aperçus pour la première fois un moteur. Je fus ému jusqu’aux larmes par la symétrie, la perfection, l’élégance, la beauté et le fonctionnement de cet objet. C’est juste après cet événement qu’il y eut un afflux de Barbares (japonais, «gaijin», ceux du dehors) venus de l’Ouest…

 De 1881 à 1892, de 16 ans à 27 ans, j’avais rejeté ma foi et je m’étais mis en quête du savoir concernant le Dieu monothéiste (de la Bible), ou tout du moins les découvertes scientifiques que les Barbares amenaient dans notre Empire »

À SUIVRE…

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